Condamnations internationales, mais pas par le gouvernement Macron, quand Volodymyr Zelensky érige en héros des criminels de guerre et collaborationnistes nazis ukrainiens !

, par  J.G.
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« Les autorités ukrainiennes multiplient les réécritures mémorielles autour de la Seconde Guerre mondiale. En quelques semaines, deux décisions de Volodymyr Zelensky lui ont valu des condamnations internationales. La plus récente porte sur le fait de baptiser une unité militaire “héros de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne” (UPA). Cette branche militaire de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) a collaboré avec l’Allemagne nazie et participé à des pogroms, à la Shoah par balles, à des massacres en Pologne, en Volhynie (nord-ouest de l’Ukraine actuelle). Face à cette décision, les autorités polonaises ont interpellé le président ukrainien, lui rappelant la mort de plus de 100 000 Polonais durant cette période. Le premier ministre Donald Tusk a qualifié cette référence historique d’inquiétante. Fin mai, Kiev a rapatrié et inhumé le corps du chef de l’Organisation des nationalistes ukrainiens Andriy Melnyk, dont des membres ont combattu au sein de la SS et pris part à la déportation et au massacre de juifs et de milliers de civils polonais au cours de la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci a bénéficié, les 24 et 25 mai, de funérailles nationales. Mort en 1964 au Luxembourg, il a fait partie des créateurs et dirigeants de l’OUN. Après sa fondation en 1929, l’organisation ultranationaliste a travaillé en étroite collaboration avec les autorités allemandes, y compris le régime nazi au pouvoir à partir de 1933. Depuis les années 2000, les gouvernements ukrainiens ont mis en avant des figures nationales afin de construire un récit historique et se démarquer de la Russie. Volodymyr Zelensky défend un projet de Panthéon de héros nationaux, quitte à occulter le passé criminel de certains. L’Institut international pour la mémoire de la Shoah Yad-Vashem a dénoncé cette décision de “rendre hommage au chef d’un mouvement qui a soutenu et collaboré avec l’Allemagne nazie pendant la persécution et l’extermination de millions de juifs”. Cette fuite en avant révisionniste pourrait s’accompagner du rapatriement de Stepan Bandera, autre criminel de guerre, fondateur de l’OUN et dirigeant de l’UPA. »

Vadim Kamenka, « Zelensky érige en héros des criminels de guerre et collaborationnistes nazis », L’Humanité magazine n°1006 du 4 juin 2026, p. 33.


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« On ne peut effacer la vérité historique, ni la mémoire des victimes assassinées par les nazis et leurs collaborateurs, dit le ministère israélien des Affaires étrangères.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a fait part de l’opposition de l’État juif à la réinhumation officielle, organisée par l’État ukrainien, d’un chef politique et militaire ukrainien qui était lié à des unités militaires ayant collaboré avec les nazis, dans le cadre d’un projet de Panthéon de héros nationaux en pleine guerre avec la Russie, qui occulte toutefois le passé de collaboration avec le troisième Reich de son organisation.

Le président Volodymyr Zelensky, issu d’une famille juive, a assisté à la cérémonie au mémorial militaire national dans la région de Kiev, qui accueille principalement des soldats tombés pendant l’invasion russe de l’Ukraine. Il a qualifié Andriy Melnyk de “grande figure ukrainienne”, et lui a rendu les honneurs nationaux.

“Nous regrettons la décision d’organiser une cérémonie officielle de réinhumation pour le dirigeant de l’OUN Andriy Melnyk, qui a collaboré avec les nazis. On ne peut effacer la vérité historique, ni la mémoire des victimes assassinées par les nazis et leurs collaborateurs”, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué publié sur X.

Le mémorial de la Shoah Yad Vashem a également posté un message sur X : “La réinhumation d’Andriy Melnyk dans le cadre de funérailles nationales en Ukraine soulève de graves inquiétudes. Rendre hommage au chef d’un mouvement qui a soutenu et collaboré avec l’Allemagne nazie pendant la persécution et l’extermination de millions de Juifs porte atteinte aux valeurs morales essentielles au devoir de mémoire de la Shoah.”

Andriy Melnyk, mort en 1964, était le meneur de l’une des branches de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), un groupe qui combattait les Soviétiques pour l’indépendance de l’Ukraine mais qui a collaboré avec l’Allemagne nazie et participé à la Shoah.

L’OUN a été principalement active entre les années 1930 et 1950. Certains de ses membres ont combattu au sein de formations SS et pris part à la déportation et au massacre de juifs et de dizaines de milliers de civils polonais en Volhynie (nord-ouest de l’Ukraine actuelle) au cours de la Deuxième Guerre mondiale.

La réinhumation a eu lieu au Mémorial militaire national de la région de Kiev, un cimetière ouvert l’année dernière pour les soldats tués lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

“Beaucoup de gens se sont vraiment battus pour ramener en Ukraine ses héros — des personnes issues de différents horizons politiques, dont le destin n’a pas été facile, mais qui étaient unies pour leur foi en l’Ukraine, leur force de se battre pour elle et leur désir de la voir indépendante”, a déclaré M. Zelensky lors de la cérémonie.

La dépouille d’Andriy Melnyk et celle de son épouse avaient été rapatriées la semaine dernière avec les honneurs depuis le Luxembourg.

“Minimiser la facette noire”

Andriy Melnyk avait été brièvement interné dans le camp de concentration de Sachsenhausen en Allemagne en 1944 lorsque ses efforts pour obtenir l’indépendance de l’Ukraine étaient entrés en conflit avec les objectifs d’Hitler.

Après la guerre, Melnyk est mort à l’étranger “presque oublié” des Ukrainiens, a expliqué à l’AFP l’historien Iaroslav Grytsak. Selon lui, c’est l’invasion russe en février 2022 qui a “changé la donne” car l’Ukraine a désormais besoin “de symboles anti-russes”.

L’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et les guerres qui ont suivi ont ouvert la voie à la popularisation des idées nationalistes en Ukraine, estime pour sa part la sociologue française Anna Colin Lebedev, spécialiste des sociétés post-soviétiques.

“Ça amène les gens (…) à considérer que le combat nationaliste est un combat juste, en minimisant un peu automatiquement la facette noire de ces mouvements. Et ça passe effectivement par une réhabilitation, et aussi par une dépolitisation d’un certain nombre de choses”, affirme-t-elle.

La réhabilitation de ces personnalités ne signifie pas que l’État ukrainien valide leur idéologie, estime la sociologue.

Sur le plan intérieur, les autorités ukrainiennes cherchent aussi à ménager certaines unités militaires “extrêmement performantes sur le front” mais issues des milieux nationalistes, afin de “ne pas froisser la vision de l’Ukraine qu’ils cherchent à promouvoir”, relève la chercheuse.

“Premier pas”

La collaboration des nationalistes avec les nazis est aujourd’hui largement occultée par les autorités ukrainiennes, qui préfèrent mettre en avant leur lutte pour l’indépendance du pays.

La question est d’autant plus sensible que la Russie justifie notamment son invasion par une volonté de “dénazifier” l’Ukraine. Kiev dénonce au contraire une guerre impérialiste.

Au cimetière, à côté de tombes de soldats fraîchement creusées, les cercueils contenant les dépouilles de Melnyk et de son épouse Sofia ont été portés lentement par des soldats au rythme d’un orchestre militaire, ont constaté des journalistes de l’AFP.

M. Zelensky a annoncé préparer le rapatriement d’autres “héros ukrainiens” parmi lesquels Ievguen Konovalets, meneur nationaliste tout aussi controversé, tué aux Pays-Bas en 1938 et enterré à Rotterdam.

Des médias ont également rapporté que Kiev faisait pression pour obtenir de l’Allemagne la dépouille de Stepan Bandera, la figure de proue du mouvement nationaliste ukrainien qui collabora également avec l’Allemagne nazie.

La glorification de ces nouveaux “héros” ukrainiens risque de crisper la Pologne, l’un des principaux alliés de Kiev face à Moscou. Ni le gouvernement polonais, ni l’Union européenne que l’Ukraine ambitionne d’intégrer, n’ont commenté publiquement l’inhumation de Melnyk.

“Ce n’est qu’un premier pas”, a annoncé pour sa part Volodymyr Zelensky. »

Nava Freiberg & AFP, « Israël dénonce la réinhumation en Ukraine d’un collaborateur nazi avec les honneurs de l’État », fr.timesofisrael.com, 25 mai 2026.


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