Qui va prendre le pouvoir en Tunisie ?

Mustapha Kamel Nabli, le nouveau gouverneur de la Banque de Tunisie [1] a lancé, à Davos, un appel à la confiance aux investisseurs internationaux. Ce dernier est un énarque, professeur d’économie qui a dirigé la division Moyen-Orient et Afrique de la Banque mondiale. Il avait rejoint le gouvernement Ben Ali en 1990, s’en est séparé en 1995 pour émigrer. Il était accompagné à Davos de Yassine Brahim et Sami Zaoui.

Yassine Brahim est un informaticien issu des grandes écoles françaises. Il est le patron fondateur de GL, un producteur de logiciels racheté en 2008 par SunGuard, dont Brahim était jusqu’ici l’un des dirigeants. Il a en charge le ministère des Infrastructures et des Transports.

Sami Zaoui a été nommé secrétaire d’État aux technologies de la Communication. Il a passé près de trente ans chez la firme d’audit Ernst&Young comme cadre, à Paris d’abord, puis à Tunis. Il était aussi président de l’Atuge, influente association d’anciens étudiants tunisiens en France, proche des milieux d’affaires.

Lefigaro.fr titrait le 27/01/11 : « Tunisie : pour les patrons, la révolution a assez duré »... Les organisations patronales, discréditées à cause de leur proximité passée avec les Ben Ali, sont heureusement pour l’instant inaudibles.

Espérons que le plus rapidement possible une Assemblée constituante soit convoquée en Tunisie, « Car il ne s’agit pas de remplacer un pouvoir oppressif par un autre, mais de faire vivre la souveraineté populaire » [2] comme l’a bien souligné André Bellon.

De G à D : Mustapha Kamel Nabli, le nouveau gouverneur de la banque centrale de Tunisie, accompagné de Yassine Brahim et Sami Zaoui, au Forum de Davos, le 29/01/11

J.G., Tridi 13 Pluviôse an CCXIX

[1À peine formé, le gouvernement tunisien de transition avait annoncé le 17/01/11 le limogeage du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Thoufi Baccar.

[2Article d’André Bellon, L’hiver des peuples, publié par l’Association pour une Constituante le 30/01/11.

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