Démission du président allemand, Horst Köhler, après ses propos justifiant l’intervention en Afghanistan de la Bundeswehr par des considérations économiques

« Le président chrétien-démocrate allemand, Horst Köhler, a annoncé hier solennellement sa démission. Cet événement, une première dans l’histoire de la République fédérale, a été provoqué par les propos qu’il a tenus sur la radio publique le 22 mai à son retour d’Afghanistan, pour justifier l’intervention militaire de son pays. Il avait déclaré : “À mon avis, la société dans son ensemble est en train d’accepter progressivement, que dans le doute et en cas de nécessité, un engagement militaire peut être nécessaire pour protéger nos intérêts, par exemple la liberté des voies commerciales.”

Cette déclaration a suscité un véritable tollé. Elle éclaire, il est vrai, d’un jour particulièrement cru les véritables raisons de la guerre des États-Unis et de leurs alliés de l’Otan, le mouvement pacifiste se trouvant conforté d’un seul coup par la parole présidentielle. Les militants de la paix n’ont de cesse en effet de démontrer que l’intervention militaire occidentale n’est pas destinée à “protéger les démocraties”, encore moins à “sauver” le peuple afghan, mais qu’elle obéit à des impératifs guerriers bien plus classiques pour assurer notamment le contrôle d’une région stratégique aux confins de l’Asie centrale et de ses immenses réserves de pétrole et de gaz. »

Extrait de l’article de Bruno Odent, Nouvelle victime de la guerre afghane : le président allemand, publié par humanite.fr le 01/06/10.

Voir en ligne : Nouvelle victime de la guerre afghane : le président allemand.

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