Grèce : nouvelles manifestations contre la politique du "socialiste" Papandréou


"La crise, c’est le capitalisme qui doit la payer". Voilà l’un des slogans qu’ont criés les Grecs, hier dans le nord du pays, à Thessalonique. Ils étaient 20 000, selon la police, pour dire "non" au plan d’austérité du gouvernement, soit le double du nombre de manifestants réunis l’an dernier pour la même occasion.

"Ils veulent que le peuple paie, mais ce sont les industriels et les banquiers qui ont pris l’argent", s’exclamait Manolis Spathis. Le taux de chômage en Grèce était à 11,7% au premier trimestre 2010, son niveau le plus élevé depuis 10 ans.

La rigueur prônée par le "socialiste" Georges Papandréou répond aux exigences de l’Union Européenne et du FMI de M. Strauss-Kahn. La libéralisation continue, comme celle du marché de l’énergie ou l’ouverture à la concurrence de professions fermées, comme celle des routiers qui entameront dès demain une grève illimitée.

Ces nouvelles mesures complètent l’abaissement du montant des retraites, des salaires et la hausse des taxes. Par exemple, Maria Styllou, professeur d’économie retraitée a vu sa pension abaissée de 30% depuis la réforme des retraites adoptée durant l’été.

En s’adressant à ses ministres, Papandréou a osé déclarer : “Nous sommes les représentants des citoyens et non de nos ministères” [1]. Georges Papandréou est surtout un représentant de l’oligarchie financière et s’inscrit dans le sillage de Pascal Lamy, directeur général de l’OMC, ancien commissaire européen au Commerce extérieur et membre du Parti socialiste français, qui avait déclaré en décembre 2001 : “L’ouverture du marché est une bonne chose pour tout le monde, même pour ceux qui perdent leur emploi à cause de cette ouverture” [2].

Comme l’a bien souligné l’Association pour une Constituante, "Il est plus que temps de se poser la seule question qui vaille : va-t-on longtemps encore supporter ce système dictatorial qui, au nom de règles nécessaires (pour qui ?), impose une destruction de tous les principes démocratiques et de toutes les valeurs sociales ?" [3]

J.G., Sextidi 26 Fructidor an CCXVIII

Capture d'écran du reportage de l'AFP (12/09/10)

Capture d’écran du reportage de l’AFP