Les pharmaciens en appellent à l’État face à la Commission de Bruxelles

Caducée de la pharmacie représentant la coupe d’Hygie (fille d’Asclépios et déesse de la santé), dans laquelle le serpent crache son venin servant à la préparation de remèdes.

« La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) a estimé, hier, que "l’État français devait défendre les pharmacies contre la Commission européenne" après que celle-ci eut engagé une procédure d’infraction contre la France sur la propriété des officines.

La Commission a adressé hier aux autorités françaises "une lettre de mise en demeure", première étape d’une procédure d’infraction pouvant aboutir à une saisine de la Cour européenne de Justice. Dans ce document, Bruxelles s’attaque aux contraintes d’actionnariat imposées par l’État français aux professionnels souhaitant ouvrir une pharmacie.

La France interdit notamment qu’un même titulaire puisse posséder plus d’une pharmacie et exige que le propriétaire d’une officine soit un pharmacien, deux conditions qui empêchent la détention de pharmacies par de grands groupes de distribution. "L’État français doit défendre les pharmacies contre la Commission européenne", a indiqué le président du FSPF, Pierre Leportier.

Selon lui, "la pharmacie est basée en France sur trois piliers : la répartition, qui permet à chacun de disposer d’une officine à moins de six minutes de chez lui, le monopole de compétence en matière de délivrance des médicaments et le principe de propriété, contesté par la Commission".

"Il faut que l’État préserve ces trois piliers, notamment celui sur la propriété qui empêche des groupes d’ouvrir des chaînes d’officines", a fait valoir M.Leportier. »

Article du jeudi 22 mars 2007 dans le journal Charente Libre.