Attali suite, mais pas fin

, par  André Bellon
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Attali a l’art de se rappeler à notre bon souvenir. À chaque fois qu’on voudrait l’oublier, il trouve le moyen de sortir une énormité. Et il faut dire que la dernière n’est pas la moindre, … Enfin, sera-ce vraiment la dernière ?

Toujours obsédé par sa vision transcendantale d’un gouvernement mondial dont il continue de se voir un des piliers, il nous assénait sans sourciller, dans sa rubrique de L’Express du 3 mai 2009, que la pandémie de H1N1 devrait aider à atteindre son objectif. En effet, disait-il, l’expérience aidant, on devrait, lors de la suivante, « mettre en place une police mondiale, un stockage mondial et donc une fiscalité mondiale. On en viendrait alors, beaucoup plus vite que ne l’aurait permis la seule raison économique, à mettre en place les bases d’un véritable gouvernement mondial ». La question de la légitimité d’un tel gloubiboulga, de son rapport à l’humain, de la démocratie, ne l’interpelle pas du tout. Ce qui compte, c’est qu’il entre dans les critères qu’il assène depuis des années dans des medias complaisants.

Comme nous l’avons déjà dit, l’actuelle crise sanitaire montre surtout à quel point l’oubli, et même le déni, de l’intérêt général en France comme ailleurs, a conduit à délaisser les services sanitaires, à détruire les hôpitaux publics. La crise actuelle contraint, au contraire, à retrouver l’intérêt national et le sens de l’État. Que, par ailleurs, elle conduise à réaffirmer la philosophie internationaliste, celle de Jean Jaurès, est vrai et positif. Mais c’est là l’opposé du mondialisme d’Attali. Car toutes les crises successives, économiques, géopolitiques et maintenant sanitaires, nous ramènent à l’intérêt général dans chacun de nos pays.

L’internationalisme est la solidarité des nations ; le mondialisme est la domination d’une élite auto-proclamée.

Extraordinaire, pour justifier sa théorie brouillonne, Attali nous fournit une lecture ahurissante de l’Histoire. « L’Histoire nous apprend, nous dit-il, que l’humanité n’évolue significativement que lorsqu’elle a vraiment peur ». Ainsi, toutes les grandes évolutions philosophiques, en particulier la Renaissance, la philosophie des Lumières, ne seraient que le résultat de grandes peurs. Pas celle de l’espoir ou de la volonté d’améliorer son destin. Quand on veut justifier un discours, on peut raconter n’importe quoi. « C’est d’ailleurs par l’hôpital qu’a commencé en France, au XVIIe siècle, la mise en place d’un véritable État », ajoute-t-il pour justifier son assertion. Tous ceux qui ont travaillé sur la naissance de l’État au travers d’Hugues Capet ou de Philippe le Bel doivent se tordre de rire.

Il faut vraiment être un idéologue pour tenter de profiter des malheurs et des peurs du monde pour valoriser ses obsessions.

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